C'est en décembre 1914, après une conversation avec des amis qui avaient rencontré
'Abdu'l-Bahá et me prêtèrent quelques brochures, que je pris connaissance des
enseignements bahá'ís. Je fus dès l'abord frappé par leur portée, leur puissance
et leur beauté. J'eus l'impression qu'ils répondaient aux besoins essentiels du
monde moderne, d'une façon plus complète et plus satisfaisante qu'aucune autre
forme de religion à ma connaissance; et l'étude que j'en entrepris par la suite
ne fit qu'accroître et confirmer cette impression.
Cherchant à approfondir l'enseignement bahá'í, j'éprouvai des difficultés considérables
à me procurer la documentation nécessaire, et j'eus bientôt l'idée de réunir en
un volume l'essentiel de ce que j'avais appris, afin de le rendre plus aisément
accessible aux autres. Lorsque les communications avec la Palestine furent rétablies,
après la guerre de 1914 -1918, j'écrivis à 'Abdu'l-Bahá et lui fis parvenir une
copie des neuf premiers chapitres de ce livre, dont le brouillon était à peu près
terminé. Je reçus une réponse très aimable et encourageante ainsi qu'une invitation
cordiale à lui rendre visite à Haïfa, muni de mon manuscrit complet. J'acceptai
avec joie et j'eus le très grand privilège d'être l'hôte de 'Abdu'l-Bahá pendant
deux mois et demi de l'hiver 1919 -1920. Au cours de ce séjour, j'eus avec 'Abdu'l-Bahá
plusieurs entretiens relatifs à mon livre. Il me donna de précieuses suggestions
pour l'améliorer et offrit d'en faire une traduction en persan--dès que je l'aurais
révisé--afin qu'il puisse le lire et y apporter éventuellement les corrections
nécessaires. La révision et la traduction furent exécutées comme prévu et 'Abdu'l-Bahá,
en dépit de ses nombreuses occupations, trouva le temps de corriger environ trois
chapitres et demi avant son ascension (chapitres I, II, V et III en partie).
Je regrette profondément que 'Abdu'l-Bahá n'ait pu achever la correction du manuscrit,
la valeur de ce livre en eut été grandement rehaussée. Cependant, un comité de
l'Assemblée Nationale Bahá'íe d'Angleterre a soigneusement revu l'ouvrage entier,
et sa publication a été approuvée par ladite assemblée.
Je suis très reconnaissant envers Miss E.J. Rosenberg, Mrs. Claudia S. Coles,
Mírzá Lutfu'lláh Hakím, Messieurs Roy Wilhelm et Mountfort Mills et de nombreux
autres amis pour l'aide précieuse qu'ils m'ont apportée dans la préparation de
cet ouvrage.
En ce qui concerne la transcription des noms arabes et persans, le système adopté
ici est celui récemment recommandé par Shoghi Effendi et employé dans tout le
monde bahá'í.
J.E. ESSLEMONT.
Fairford, Cults, by Aberdeen.
INTRODUCTION À L'ÉDITION FRANÇAISE
Dans cette traduction, on s'est efforcé de respecte-- autant que possible--le
texte anglais, particulièrement en ce qui concerne les citations traduites de
l'arabe et du persan, provenant des Écrits sacrés bahá'ís. La traduction exacte
de ces textes, chargés d'un sens spirituel profond et dont les métaphores sont
des symboles caractéristiques, revêtait une importance primordiale pour les croyants
comme pour les profanes. Aussi avons-nous consulté plusieurs personnes familiarisées
avec les enseignements bahá'ís, ou Shoghi Effendi lui-même, dont les conseils
autorisés nous ont été extrêmement précieux.
La transcription moderne des noms arabes ou persans que nous avons employée est
celle recommandée par Shoghi Effendi; c'est celle qui déforme le moins les mots.
L'adaptation de cette transcription à la prononciation française demande l'établissement
préalable de quelques conventions faciles. Par exemple: un trait sous une lettre
ou un groupe de lettres indique qu'il s'agit d'un son ou d'une syllabe spéciale;
"u" se prononce "ou"; "sh" se prononce "che"; "d" se prononce "z". Un des grands
avantages de la transcription littérale standardisée est celui d'éviter que des
noms dont il importe de conserver la forme exacte ne subissent diverses déformations
arbitraires par les traductions.
Nous espérons qu'en raison de cet avantage le lecteur francophone fera volontiers
l'effort de s'accoutumer à l'aspect nouveau de certains termes connus généralement
sous une autre orthographe: notamment Muhammad pour Mahomet, Qur'án pour Coran,
Vazír pour Vizir, Mihdí pour Mahdi, Shí'ah pour Shiite, Haïfa pour Haïffa, 'Akká
pour Saint-Jean-d'Acre, Tihrán pour Téhéran, Búshihr pour Bouchir, etc.
Que tous les amis qui nous ont apporté l'aide de leur expérience et de leur érudition
et dont les conseils, les suggestions et les corrections ont contribué à rendre
cette traduction moins imparfaite, trouvent ici l'expression de notre gratitude.